Review Nyctophobia Spirit-of-metal.com

“…plus racé et prenant que tout ce qui sort actuellement, grâce à un sens de la mélodie et à une force plutôt rare”

En 2010, on aura beaucoup entendu parler du « Abrahadabra » de Dimmu Borgir ou du « Death Came Through a Phantom Ship » de Carach Angren, mais certainement pas de Hymir. C’est cette année que les Hollandais sortent leur premier méfait, trois ans après leur EP « Perish ». Et pourtant, on aurait pu avoir vent de leur travaux, le quintette de l’époque officiant dans un pays manquant cruellement de black symphonique. On est alors en droit de se demander si ce silence est dû à un manque de distribution, ou s’il est le reflet d’un manque flagrant de talent.

Il s’agit plutôt de la première supposition. Hymir est auto-produit et ne jouît pas des moyens nécessaires pour faire suffisamment parler de lui. Il est donc dommage que le premier opus soit tombé dans l’anonymat, alors qu’il mérite une attention toute particulière. Même si Hymir ne révolutionne pas, il offre un opus certainement plus racé et prenant que tout ce qui sort depuis plusieurs années, grâce notamment à un sens de la mélodie et à une force palpable plutôt rare.

Hymir s’intéresse à la nyctophobie, c’est à dire, la peur de l’obscurité. Il s’attache à tous les processus liés à cette phobie, que ce soient les premières apparitions de la peur à la sensation de froid, en passant par les hallucinations, les fantômes, la peine, mais aussi la mort, pour ceux dont la nyctophobie est fatale. Les ambiances sont donc plutôt sombres et sinistres, soutenues par quelques vas et viens fantomatiques, ce qui place ce « Nyctophobia » d’Hymir quelque part entre les « Lammendam », « The Nightmarish Compositions » et « Spiritual Black Dimensions » des Carach Angren, Bishop Of Hexen et Dimmu Borgir.

Les Hollandais proposent une musique relativement puissante, emmenée par des riffs tantôt black, tantôt death, et des claviers proposant en alternance des nappes ténébreuses et des envolées symphoniques de qualité. Les influences apportées par les groupes sus-cités se retrouvent dans la majeure partie des morceaux, même si Hymir arrive à s’en détacher sur certains passages, notamment les touches death, apportant davantage de tranchant, et la mise en avant de samples fantomatiques et morbides. Si « Let the World Be Cold » montre ce dont le quintette est capable et que « Poltergeist » met en avant la venue d’esprits, c’est réellement le duo « And Sorrow Turned in Death » qui montre toute la force du groupe à créer des compositions grandioses et prenantes, mélangeant l’agressivité, les ambiances, les mélodies et une force imparable. La combinaison des violons effrayants et du piano inquiétant soulève extrêmement l’atmosphère obscure, Hymir essayant de se mettre à la place d’un nyctophobe. Une chose relativement bien réussie, dans la mesure où les riffs ne perdent pas de leur violence, même lorsqu’ils viennent soutenir les choeurs et les pauses planantes.

On n’est pas déçu non plus avec la suite de l’opus, qui sait tout autant nous embarquer dans un monde morbide où la peur est fatale. Même s’il n’apporte rien de nouveau, les qualités de ce « Nyctophobia » permettent d’en faire un très bon opus, dans lequel les différents éléments sont très bien dosés, de quoi permettre à la scène black symphonique néerlandaise de faire le deuil du split de Liar Of Golgotha et de proposer autre chose que le trio de Carach Angren.

Ranking: 16/20

5 March 2014 Reviews